Hé, 'savez quoi, ce week end j'ai été en boîte...
Voui c'est possible... voui votre humble serviteur s'est mêlé à la masse populaire le temps d'une soirée... Mon esprit d'investigation m'a donné l'envie d'aller faire un tour dans la night de ce début 2008, voir ce qui se trame au royaume du "m'as tu vu"...
Parce que par simple soucis de préserver mon capital intellectuel - et je pense aussi par instinct de survie - je m'étais jusqu'alors gardé d'approcher tout lieu susceptible de rassembler du tecktonikeux...
Pis en même temps, les boîtes et leurs oiseaux de nuit, c'est pas trop mon délire: passons sur la "sélection" "musicale" du "dj" qui n'a toujours pas compris que c'est précisément quand il ferme sa gueule qu'on l'apprécie - et aussi que si Franck Dubosc a remis au goût du jour l'animateur de camping, ce n'est pas une excuse pour penser qu'il a eu raison...
Outre cela, en exceptant les tecktonikeux de ce début d'article, on rigole bien en boîte de nuit, qui rime souvent en dîner de cons géant : entre l'ado de 15 ans qui a fourré son sous-tif des 3/4 d'un rouleau de PQ, la sujette à l'embonpoint cintrée comme une paupiette dans son ensemble paillettes avec jupette "ras la salle de jeux", le mec qui s'est gavé de parfum Leader Price et qui exhale une odeur entre le hall de Sephora, le vestiaire de foot et un vomi de fraises tagada... à dire vrai mis a part les gens bourrés qui ont compris que seule l'ivresse pourra les préserver d'un tel spectacle, la boîte de nuit n'est pas The Place To Be pour les amateurs de finesse sous quelle forme que ce soit.
Alors bon, quand on sait que désormais des énergumènes regroupent tout ce manque de finesse dans leur "mouvement", on s'attend à un spectacle de taille : le TROP parfumé, TROP coloré, TROP maculé de gel, TROP bruyant, TROP "m'as tu vu", TROP j'ai le look d'un acteur de pornos gay bulgare, ... tout ça en un... et en plus tu claques des doigts et ça danse dans tous les sens... comme un jouet... Amazing !!!
Donc aidé de mon initiative a percer le mystère de l'intérieur (n'y voyez là aucun lien avec le porno gay bulgare), et aussi aidé d'une dose de whisky coca, j'entame la conversation quoi... moi, des amis et 4-5 tecktonikeux a parler de la vie, de proies qu'on va trouver ce soir, de la semaine et de la prof de maths... bref jusque là ça a l'air normal... et là, tout d'un coup, sans raison, tout seul, comme si on l'avait piqué... l'un d'eux s'écarte du groupuscule amassé près du comptoir, et se met à danser la tecktonik... et là j'ai eu exactement le même ressenti que le jour ou j'ai rencontré un homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette... mais qu'est-ce qu'il lui prends ? (ou qu'est-ce qu'il prends, ça marche pareil)
Donc bon bah après ça j'ai enfourné mon autre whisky coca - par besoin - et chuis parti rejoindre mes amis qui, même s'il leur manque un aussi spectaculaire effet de surprise, ont bel et bien su préserver grâce a mes yeux...
Ce qui fait donc qu'en 30 secondes et demi un tecktonikeux m'a bien montré tout ce que je soupçonnais de cette hype qui passera pas l'hiver prochain...
TROP, c'est ça le problème de la tecktonik, c'est ce TROP généralisé dans tout ce qui va avec ce mouvement qui va lui péter les tibias par faute de crédibilité....
Déjà a la base le bagage culturel de ce mouvement est faible : quelques tubes eurodance (vouis pasque le premier qui viens me dire que cette zic c'est de l'electro et de la techno je lui ferais un cour sur l'histoire de la musique électronique à cette andouille)...
Pour le reste c'est du copié-collé : Un style vestimentaire qui rappelle le style acid-house du début des 90's mêlé à celui du "milieu" gay (je parle bien du marais-style, je ne stigmatise pas), la rapidité de la musique vient du hardfloor lui aussi daté, et quant à la danse en elle même, une simple vidéo de teufeurs sous acid suffira à vous convaincre du vide d'originalité de tout ça... sans oublier l'héritage de la danse hip-hop.
La particularité du mouvement tiens à cette débauche d'effets, de couleurs, de bruits... aucune concession, aucune finesse, aucun juste dosage...
Prenons pour exemple cette metrosexualité usée à outrance : on est bien d'accord que la coupe afro, même en bas, c'est has been... mais le look "pute de l'est" (dixit les Inrocks) est juste un peu abusé...
Toute l'identité du mouvement est basé sur le "m'as tu vu", le rentre dedans... le tout en étant très codifié...
Un mouvement qui tend a rester éphémère de par sa débauche d'effets qui le rendent tout aussi crédible et goûteux qu'une escalope cuite au micro-ondes. Et quand on vois aujourd'hui à la vitesse à laquelle on passe d'une hype à l'autre, m'est avis que cette débauche risque fort de saouler aussi vite qu'elle à interpellé, choqué ou fasciné...
Pour terminer, les "porte parole" du mouvement tecktonik garantissent que "non la drogue, ils en prennent pas parce que c'est pas bien"... je voudrais pas tirer sur une ambulance là, mais quand on analyse brièvement l'énergie qu'il faut déployer pour danser la tecktonik pendant 10 minutes et que nombreux sont ceux qui chassent les mouches pendant plusieurs heures en soirée, je me dit que quand même, c'est pas avec une boisson énergisante que c'est faisable...
Et quand on sait qu'aujourd'hui la Cocaïne (stimulant devant l'éternel) est à son prix le plus bas enregistré et que sa consommation ne cesse d'augmenter et se démocratiser au royaume du club et de la night, je trouve la coïncidence douteuse...
Pas vous ?
Et pour clore tout cela, car quelques secondes d'image valent mieux qu'un long discours, voici une vidéo qui date ou l'on comprends bien que la tecktonik c'est super nouveau et que non, c'est sans doute pas parce qu'on a le cerveau qui coagule qu'on est capable de danser comme cela... (et merci à Engué pour la vidéo)