Car c'est dans la nature régulière de l'être humain de se plaindre de ce qu'il à et rêver de ce qu'il n'a, j'ai toujours ce sentiment d'enfant gâté en me voyant juger cette année de "Pire année de ma vie"... (Label souvent décerné à la volée)
Je vous laisse donc juger par vous même... et n'hésitez pas à écouter James Blunt un soir de pluie en lisant cet article - revenant d'une conférence sur l'amputation de jeunes enfants somaliens séropositifs - histoire de donner un peu de mordant à l'ouvrage.
Allons y chronologiquement, s'il vous plaît, comme à l'école...
3 Février 2007 : Le déménagement...
Ce que je redoutais depuis des mois arrive... pas de boulot, plus un rond, le moral et la motivation à zéro... obligé de rentrer... finis Paris et tous ses rêves, finis les nuits d'ivresses sur les Champs, finis les apéros jusqu'à plus d'heure à oublier la vie qui pue... retour en Vendée... la honte... comme celle de celui qui a tout brûlé pour partir vivre sa carrière dans Paris la belle, mais l'histoire ne se fini pas comme dans les films... hélas
Un an et un jour après (y'a prescription ?) je ne regrette pas ce départ: je suis plus serein ici... trop de souvenirs enfumaient mon quotidien, mon appartement... Paris stresse ? voui pardi, elle stresse celui qui ne s'en sort pas...
Alors j'y retournerais bien sûr, car j'aime Paris... mais quand j'aurais un compte en banque et un CV qui me le permettront... car ici tout va bien pour que je prenne mon temps...
Et j'en profite pour faire une énooorme bizz à Laulau et Lulu à qui je pense tous les jours (sisi je vous jure... )
Ensuite vint cet état qu'on appelle "dépression"..; bouaaah caca... là aussi trop souvent utilisé pour les uns, gaminerie pour les autres... destruction pour soi-même...
Mais cette sensation dont on ne se décrotte pas... cette envie de s'endormir et ne jamais se réveiller pour enfin être paisible... ce soleil qui brille pâle, ce coca qui ne bulle plus, ces clopes qui ont goût de vomi, ces pizzas qui font patienter l'estomac, et que lui, jusqu'au prochain repas...
Difficile à comprendre pour ceux qui m'ont entouré, car j'ai toujours tout fait pour ne pas que ça se voit... car c'est seulement en oubliant avec eux que je m'en suis sorti... et que je suis là à sourire aujourd'hui...
Je vois de là ces glandus idiots qui ne comprendront pas, ceux qui jugeront cela comme infantile, ceux qui ont faim matin midi et soir, ceux qui dorment bien la nuit... bienheureux les imbéciles qui n'ont jamais souffert - Oui, un jour d'un chagrin d'amour ou d'un proche décédé - mais je parle de souffrir vraiment à ne pas vouloir se lever la matin, à ne plus vouloir se regarder dans le miroir pour contempler cette décrépitude qui se vois jusque sur le visage... sans jamais trouver sa véritable raison, si ce n'est les difficultés de la vie qui ont déclenché ce sentiment d'insuffisance, ... à 15 ans il paraît que c'est une crise d'adolescence... mais à 22 ?
Je n'ai ni conseil ni leçon a donner si ce n'est qu'il ne faut jamais négliger un ami disant qu'il ne va pas bien... il peut être riche, en bonne santé, en couple et moins malade que vous... vous n'en êtes pas moins en dehors de sa tête... et ne comprendrez donc jamais... mais comprendre n'est qu'un détail... et il est toujours moins dangereux de prendre un heureux pour dépressif, que l'inverse...
Je me réveille donc après ces 4 mois et un enterrement... ( bon, plutôt 6 mois mais c'était pour le jeu de mots... ) il est déjà juin...
Comment repenser à 2007 sans ne pas avoir une pensée amusée pour Alex...
Déjà trop de lignes ont été écrites sur ce blog au sujet de Ca (et je pèse mes mots), mais disons qu'il me fallait lui rendre un méprisant hommage, lui qui fût bien plus qu'un ami en cette année 2007, et même un peu avant...
Pour ceux qui ont loupé le coche, laissez moi vous métaphorer tout ça...
Ma relation avec Alex, c'est un peu comme quelqu'un qui mange de la Vache qui Rit...
Un jour vous découvrez la Vache qui Rit... vous trouvez ça bon. Du coup vous en remangez, et vous trouvez ça super bon... tellement bon que vous en bouffez en tartines, en cocktails, c'est limite si vous avez pas envie de la sniffer la Vache qui Rit...
Mais un jour, horreur et damnation, la Vache qui Rit, elle a un goût dégueulasse, pourrie... tellement dégueulasse que vous avez l'impression que ça lui suinte par les pores... du coup vous prévenez Monsieur Vache qui Rit qui vous dit "jetez ça, oubliez ça et remangez de la vache qui rit"... mais sérieux c'est impossible pour le moment... du coup ça vous laisse le temps de bien regarder sa composition...
Et là vous vous rendez compte de toutes ces merdes que vous avalez depuis des mois, tout ces résidus de fromages dégoûtants... tout cet amas mal agencé de restes caché sous cette bouille souriante, pleine de bonhomie et inspirant la sympathie...
Et autant dire que sur le coup vous bannissez de votre alimentation tout produit laitier, tout steak et même les chocolats Milka...
Pour conclure, vous vous dites que peut être dans l'absolu vous remangerez un jour de la Vache qui Rit, mais une chose est sûre : vous vous méfierez toujours et de toutes manières elle n'aura plus jamais le même goût...
Alors autant lui préférer un Camembert, un Brie, un Gruyère...
Bon débarras j'ai envie de dire...
Ensuite l'été se passe bien, l'hiver arrive, serein... boulot alimentaire qui tourne, radio qui tourne bien aussi, avenir qui se profile... everything's gonna be all right...
J'en profite pour faire un gros poutou a toutes ces nouvelles bouilles que j'ai rencontré ou re-rencontré en 2007, ces gens qui me sont chers et qui sont mes bonnes choses de 2007 : donc la bise à Nat, Christopher, Doudou , Anne-Laure et Dan (par ordre d'apparition...) ... désolé si j'en ai oublié mais là j'ai mal aux doigts et à la tête donc la flemme de réfléchir...
2008 approche à grands pas, très grands pas, je me dit comme tout un chacun que l'année suivante sera meilleure et que tant que la St Sylvestre ne sera pas passée, je risque encore une tuile...
Pas loupé...
Une semaine avant Noël, rendez-vous chez l'ophtalmo parce que j'ai comme attrapé un coup de soleil dans l'oeil (Richard, ta gueule...)...
Verdict sans appel : "vous perdez votre oeil et c'est presque inopérable... désolé"
Et autant dire qu'après cette année difficile, j'ai tout de suite su que je ne tiendrais pas un autre choc, j'en serais pas capable... j'ai vu tous mes espoirs défiler devant moi, ... non pas maintenant, ce n'est pas possible, chuis jeune putain... si jeune...
Mais dans "presque inopérable", il y a "presque"... et c'est ainsi que 4 jours plus tard je me retrouve charcuté sur un billard d'hôpital... j'en ai encore l'odeur de Bétadine qui me fait froid dans le dos...
Passons le post opératoire et les crises de nerfs qui se passent de détails...
Ca va faire presque deux mois, et tout va bien... je récupère la vue de l'oeil, que je perdais sans m'en rendre compte... je sors aujourd'hui de l'ophtalmo et tout va bien...
Je ne remercierais jamais assez le chirurgien qui a fait un boulot de pro digne d'un film de SF... je ne remercierais jamais assez ma bonne étoile car j'ai eu une chance de cocu, je trouve...
Encore quelques semaines pour que tout se remette vraiment bien en place (je vais pas vous donner les détails techniques hein...)
Mais putain, je crois n'avoir jamais autant flippé de toute ma vie...
2007 est fini, et j'enferme cette année dans un coffre fort, le jette à la mer et lui crache à la gueule...
Et pour faire face aux affres qui peuvent m'attendre en 2008, ma résolution sera, comme l'a dit l'autre grognasse:


